La tombe Wisigothique

La tombe wisigothique

En 1958, un sondage mit au jour une sépulture isolée, creusée en pleine terre au pied du mur du temple romain identifié par Georges Fouet. Elle correspondait à la tombe d’une jeune femme, associée à deux inhumations postérieures — celles d’un jeune garçon et d’un enfant en bas âge — qui la dégradaient partiellement. Cette disposition a conduit à émettre l’hypothèse d’une sépulture familiale, témoignant de la pratique d’inhumations successives en un même lieu.

Un mobilier funéraire wisigothique remarquable

Les restes de la jeune femme étaient accompagnés d’un mobilier funéraire d’une grande richesse :

  • Une épingle à cheveux en bronze
  • Deux boucles d’oreilles, que Fouet rapproche de celles du Caucase ou de Crimée
  • Deux fibules rondes, ornées d’un cabochon de verre bleu et rouge
  • Un petit couteau de fer, avec une bouterolle de bronze et les restes d’un fourreau d’écorce
  • Un anneau de fil de bronze brisé, ayant laissé échapper divers talismans : une grosse perle d’ambre rouge, cinq perles de verre, trois annelets de bronze et une pendeloque en os ayant peut-être eu la forme d’une croix

Une plaque-boucle en bronze doré

La pièce la plus exceptionnelle de cet ensemble est une plaque en bronze doré, décorée de dix grenats, accompagnée de sa boucle. Elle représente un oiseau de proie stylisé — peut-être un gypaète — d’une très fine facture. L’envers de la plaque est constitué d’une fine tôle de fer ayant conservé quelques bribes d’un tissu en fibres de lin.

Selon Georges Fouet, cette plaque-boucle est typique de l’art du sud de la Russie, profondément imprégné de l’art scythe mais postérieur à lui. D’autres auteurs y voient une origine gépide, donc danubienne.

Pour aller plus loin

  • Fouet (G.). Une sépulture wisigothique à Valentine (Haute-Garonne). Pallas, Mélanges Labrousse, Toulouse, 1986, pp. 393-412.