Georges Fouet (1922–1993)
Né à Toulouse le 14 avril 1922, Georges Fouet découvre l’archéologie gallo-romaine alors qu’il exerce comme instituteur à Saint-Bertrand-de-Comminges, sous l’influence déterminante de son collègue Bertrand Sapène, figure essentielle de la mise en valeur du site de Saint-Bertrand. Muté à Saint-Plancard, il entreprend avec l’abbé Ajustron, curé de la paroisse, l’étude systématique d’une petite chapelle dédiée à saint Jean-Baptiste, mettant au jour un ensemble de fresques préromanes d’une qualité exceptionnelle.
Grâce au soutien de William Seston puis de Michel Labrousse, il est nommé en 1946 directeur des fouilles archéologiques en Nébouzan, petite région au nord de Saint-Gaudens. Cette nomination marque le début d’une carrière remarquable, au cours de laquelle il intervient sur certains des sites les plus importants du sud de la France :
- En Comminges : les villas gallo-romaines de Saint-Loup, de Villerouge, de Valentine et, surtout, de Montmaurin — considérée comme son chef-d’œuvre.
- Dans la région toulousaine : les sites de Vieille-Toulouse, du quartier Saint-Roch, de la caserne Niel, de Pouvourville et de Ramonville.
- Dans d’autres régions du Midi : le cimetière mérovingien de Félines-Minervois (Hérault), la sépulture de Nax à Saint-Blancard (Gers) et la villa de Sorde-l’Abbaye (Landes).
Sa compétence, rapidement reconnue dans les milieux scientifiques, lui vaut dès 1954 d’être nommé chargé de recherches au C.N.R.S. Il prolonge son activité de terrain par une œuvre éditoriale considérable : une bibliographie de près d’une centaine d’articles publiés dans les plus prestigieuses revues archéologiques françaises, couronnée par son ouvrage de référence sur La Villa de Montmaurin.
Sa prédilection allait cependant à la Revue de Comminges, publiée par la Société des Études du Comminges, dont il assura la présidence à partir de 1969. Il présidait également l’Académie Julien-Sacaze de Luchon et la Société Archéologique de Valentine, qu’il avait fondée en 1971.
Pionnier de l’archéologie moderne, Georges Fouet fut l’un des premiers à intégrer les nouvelles techniques de fouille et d’interprétation des résultats. Pédagogue dans l’âme, il consacra toute sa vie à faire connaître l’archéologie au grand public et, en particulier, au jeune public scolaire. Le musée de Valentine, qu’il conçut et organisa en 1967, reste encore aujourd’hui un modèle du genre.
Jeune instituteur, il avait épousé l’une de ses collègues, Suzanne Bajard (1919–1987), qui fut jusqu’à la fin sa plus proche collaboratrice.
Pour aller plus loin
- Georges Fouet, archéologue, 1922–1993. Catalogue de l’exposition (20 juin – 1er octobre 1999). Conseil Général de la Haute-Garonne, Archives Départementales, 1999.