Valentine conserve un patrimoine religieux riche et varié, reflet de plusieurs siècles d’histoire et de dévotion populaire.
L’église de Valentine
Dédiée à saint Jean-Baptiste, patron de la bastide, l’église de Valentine est un monument complexe qui n’a pas encore fait l’objet d’une étude archéologique approfondie. L’observation de sa façade latérale sud permet d’y distinguer au moins trois grandes étapes de construction.
Les parties les plus anciennes correspondent à un édifice contemporain de la fondation de la bastide (XIVe siècle ?). Il en subsiste deux grandes arcatures de briques, très surbaissées et assez énigmatiques. Compte tenu de sa localisation dans la bastide, l’église aurait pu jouer un rôle défensif, son chevet se trouvant au niveau des murailles de la ville.
Ébranlé par un tremblement de terre en 1660 puis frappé par la foudre, le clocher s’effondra au début du XVIIIe siècle. Pour la reconstruction de l’édifice, on eut largement recours aux matériaux de la chapelle d’Arnesp, alors à l’abandon. Une pierre encastrée dans un contrefort de la nef porte la date de cette reconstruction : 1756. On lui doit les deux chapelles latérales, les fenêtres basses de la nef — en plein cintre, aujourd’hui murées — et le clocher actuel.
Sous le Second Empire, une nouvelle campagne de restauration aboutit à la surélévation de la nef et du chœur, renforcés par de puissants contreforts, et à l’ouverture des fenêtres hautes actuelles. De beaux vitraux furent posés vers 1875 et restaurés en 2005.
Notre-Dame du Bout-du-Puy
Situé sur une colline au sud-est de Valentine, le sanctuaire marial du Bout-du-Puy est, comme le notait l’abbé Alphonse Dumail, le sanctuaire le plus important dédié à la Vierge dans la région de Saint-Gaudens.
La tradition locale en rattache les origines aux grandes épidémies de peste qui ravagèrent la région à la fin du Moyen Âge. Devant l’ampleur du désastre, les habitants auraient fait le vœu de venir chaque année en procession, le premier dimanche de mai, pour implorer la protection de Notre-Dame des Agonisants. Ce vœu fut scrupuleusement respecté jusqu’en 1792. La montée vers le Bout-du-Puy est jalonnée par les quatorze stations du chemin de croix.
La chapelle fut pillée et détruite en 1794. La statue polychrome de Notre-Dame de Pitié fut cependant sauvée par un habitant de Valentine, qui la dissimula chez lui. Elle retrouva sa place dans la chapelle reconstruite en 1818. Petit ermitage occupé pendant une longue période par les frères Vigneau, le sanctuaire demeura fréquenté tout au long du XIXe siècle. La générosité de Monseigneur Compans, originaire de Saint-Gaudens, permit à la fin du XIXe siècle une reconstruction complète de la chapelle et de l’ermitage. La guerre de 1914-1918 contribua à lui redonner un regain de fréquentation.
Aujourd’hui, l’Association des Amis du Bout-du-Puy s’efforce de maintenir vivante cette vieille tradition valentinoise. Deux pèlerinages importants ont lieu chaque année : le lundi de Pâques et le lundi de Pentecôte.
L’oratoire de Sainte-Radegonde
L’oratoire de Sainte-Radegonde conserve une très ancienne statue de sainte Radegonde (vers 520–587), vertueuse épouse de Clotaire Ier, l’un des fils de Clovis. Le culte de cette sainte est particulièrement ancien à Valentine : la tradition veut qu’autrefois, en période de sécheresse, on plongeait sa statue dans le ruisseau de la Hountagère pour obtenir la pluie.
La chapelle Saint-Roch
Saint Roch (vers 1295–vers 1327) était autrefois l’objet d’une grande vénération dans toute la région, invoqué notamment contre la peste et les maladies infectieuses.
À Valentine, la fête de saint Roch, au lendemain de l’Assomption (15 août), était marquée par un grand rassemblement d’animaux domestiques — bovins, ovins, chevaux, porcs — solennellement bénis par le curé de la paroisse devant la chapelle. Cette cérémonie marquait l’ouverture de la neuvaine de saint Roch.
La croix votive
Autour du chœur de l’église et devant la partie sud-est de la nef s’étendait autrefois le cimetière, aujourd’hui aménagé en jardin. C’est dans cet espace qu’a été transférée en 2005 une croix votive, dressée à l’origine sur la place du Bourdalès.
Ce déplacement est étroitement lié à l’histoire douloureuse du village au XIXe siècle. Les grandes épidémies de choléra-morbus de 1832, 1848-1849 et 1854-1855 frappèrent durement la région : Valentine compta 52 cas et 41 décès lors de la dernière épidémie, Labarthe-Rivière en dénombra 292 cas et 167 décès. Dans l’urgence, les victimes furent inhumées dans un champ — le champ des « cramats » — près du pont du Rieutort, au pied de la colline du Bout-du-Puy. Le cimetière fut ensuite transféré à son emplacement actuel, ce site ayant été jugé trop éloigné du village et trop difficile à aménager.
Pour conjurer l’épidémie, une famille de Valentine offrit une croix votive, solennellement installée en 1856 sur la place du Bourdalès. C’est un beau travail de fer forgé réalisé par des artisans du village, orné des instruments de la Passion — un vase, le marteau, les tenailles, une échelle, les clous et une lampe — avec au centre un cœur percé entouré de la couronne d’épines, et à son sommet, un coq.